UNE NOUVELLE MÉTHODE DE GESTION DE LA VOIRIE PAR DÉTECTION DES INCIDENTS DE ROUTE

21-01-2016

Les départements sont de plus en plus nombreux à utiliser les résultats d’un projet test visant à recenser précisément les accidents et à améliorer la sécurité routière.

Le projet S_VRAI (Sauver des Vies par le Retour d’Analyse sur Incidents) est parti du constat que les techniques actuelles pour recenser les accidents ne permettent pas de tirer suffisamment d’enseignements opérationnels pour orienter efficacement une politique de sécurité routière.

Il a été mené conjointement par l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) et le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

Le projet s’intéresse aux incidents de conduite, qui  « correspondent à des situations de conduite non maîtrisées ou à la limite de maîtrise par le conducteur mais qui n’occasionnent pas nécessairement de choc », explique l’IFSTTAR.

350 incidents de conduite recensés

Les incidents sont caractérisés par le dépassement de seuils dynamiques (accélérations…) et ont été recueillis à l’aide de 50 Enregistreurs de données d’événements de la route (EDR) embarqués dans des véhicules.

Le recueil des données de l’expérimentation s’est déroulé entre 2012 et 2013 mais les exploitations se sont poursuivies jusqu’en 2015.

Au total, près de 350 incidents de conduite ont été recueillis à l’occasion de 3 500 trajets représentant plus de 100 000 kilomètres parcourus.

Ces données ont fait l’objet de plusieurs exploitations thématiques visant à évaluer leur intérêt pour proposer des pistes de progrès en matière de sécurité routière.

Le cas de la Seine-Maritime

Plusieurs conseils départementaux ont déjà utilisé les résultats du test pour orienter leur politique de sécurité routière. En Seine-Maritime, par exemple, 62 incidents ont eu lieu sur l’ensemble du réseau dont plus d’une trentaine sur les routes départementales et en grande majorité sur le réseau secondaire.

Les services techniques du conseil départemental ont inspecté les sites des incidents et dans plus de deux tiers des cas, ces visites ont permis de détecter des écarts entre les aménagements existants et la doctrine technique, rapporte le journal Techni Cités.

Cela a conduit les services techniques à proposer des solutions d’aménagement telles que la modification de la signalisation, le déplacement d’arrêt de car et l’implantation d’îlots.

Selon les responsables du projet, cette nouvelle approche complète les méthodes de diagnostic existantes et se révèle « particulièrement pertinente » pour ausculter le réseau secondaire peu circulé et présentant une accidentalité très diffuse.



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